Delphine et Hyppolite

Delphine et Hyppolite
A la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégné d'odeur
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

Elle cherchait, d'un ½il troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleu dépassés le matin.

De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

Etendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.

Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remercîment.

Elle cherchait dans l'½il de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.

« Hippolyte, cher c½ur, que dis-tu de ces choses ?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?

« Mais baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants ;

« Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de b½ufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma s½ur ! Tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon c½ur, mon tout et ma moitié,

« Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles !
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin ! »

Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête :
-« Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.

« Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

« Avons-nous donc commis une action étrange ?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi :
Je frissonne de peur quand tu me dis : « Mon Ange ! »
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

« Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée !
Toi que j'aime à jamais, ma s½ur d'élection,
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition ! »

Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'½il fatal, répondit d'une voix despotique :
-« Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ?

« Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnête !

« Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !

« Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide ;
Cours offrir un c½ur vierge à ses cruels baisers ;
Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...

« On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître ! »
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain : « - Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant ; cet abîme est mon c½ur !

Brûlant comme un volcan, profond comme le vide !
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.

« Que nos rideaux fermés nous séparent de monde,
Et que la lassitude amène le repos !
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux ! »


_Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel !
Plongez au plus du gouffre, où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,

Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.
Ombres folles, courez au but de vos désirs ;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes ;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux

L'âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.

Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,
A travers les déserts courez comme les loups ;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l'infini que vous portez en vous !

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 18:11

Modifié le mercredi 16 juillet 2008 18:29

[!!]Medecine Cake[!!]

[!!]Medecine Cake[!!]

L'histoire commence en 1977, dans la région de Novossibirsk, à Niebrovski très exactement. Sur un site jugé riche en minéraux rares, une importante équipe de chercheurs s'installe et perfore le sol a 200m de profondeur. Des grues sont installées ainsi que toute une infrastructure de recherche pointue. C'est alors qu'ils découvrirent l'inracontable...des centaines de couloirs secrets, des laboratoires en ruines, de vieilles voitures enfuies sous la terre et du matériel médical. Les chercheurs descendirent alors par dizaines dans les couloirs qui semblaient être encore intacts...les autorités sont alors prévenues ; face a une telle découverte archéologique, les scientifiques se devaient d'en savoir plus.

Des spécialistes viennent a leur tour sur les lieux, et le site entier est alors protégé de toutes les lumières extérieures, car les inscriptions sur les murs, avec la lumière et le vent, commençaient a s'effacer, comme de la poussière. Apres plusieurs moi passés a décrypter, déchiffrer et décoder les données, le conseil déclara aux autorités qu'il s'agissait d'une sorte d'hôpital souterrain, avec des salles de réanimation, des salles d'opération, du matériel médical, régulier et irrégulier, et de longs couloirs donnant sur d'immenses salles en brique...de l'eau jonchait le sol...comme dans des égouts. Le gouvernement d'ex URSS consulta en haut lieu tous les fichiers possibles et imaginable concernant la construction d'hôpitaux, voire de sites d'entraînement ou de recherche scientifique ; rien de figurait sur la liste.

Cinq ans plus tard, en 1982, alors que l'affaire avait été gelé pour des raisons géopolitiques, les recherches reprirent car le corps médical soviétique ne pouvait tolérer un tel incident et surtout une telle inconnue dans ses rangs. C'est ainsi qu'on a mis la main sur une des plus incroyables énigmes jamais résolues : des valises de documents entières, cachées dans des coffres insérés dans les murs. Apres analyse des constructions et des matériaux, il s'averra que cet immense hôpital souterrain avait été construit aux alentours de 1929-1930 et que les briques avaient été fabriquées en chine et dans les montagnes Sayan. Les documents photographiques, manuscrits, fiches furent scrutés a la loupe. Le nom d'un certain Docteur Kantovitch Volodim revenait souvent dans les notes et certificats. D'après les listes des médecins de l'époque, ce dernier n'était autre qu'un simple médecin généraliste de la ville de Dniepropetrovsk ; une vie sans histoire. Il est décédé en 1954 a la suite d'un accident.

Le KGB interrogea alors son fils, médecin lui aussi, qui raconta qu'il fit emmené par sa mère a St Petersbourg a l'âge de 5 ans et qu'il n'avait plus jamais revu son père. Qui pouvait donc être ce Docteur Kantovitch ? Le KGB passa des mois a retourner les lieux en quête de nouvelles informations.

Le 16 juin 1983, une nouvelle pièce fut découverte dans les décombres. Un long couloir qui menait a une chambre frigorifique. Quarante ans après, les turbines qui l'alimentaient en électricité marchaient encore. Des stalactites ornaient les murs, des murs maculés de taches de sang, foncées par les années mais préservées par le froid : les agents étaient désormais formels, il s'agissait d'un hôpital peu commun, un hôpital du crime et de l'horreur. L'enquête se dénoua alors plus ou moins a partir de c moment la.

Des centaines de corps, ossements, furent retrouvés, méticuleusement classés et rangés par ordre de taille, par famille médicale et après analyse par famille génétique. Il s'agissait d'une organisation de médecins chercheurs criminels, qui auraient tué pour faire des mutations génétiques durant le seconde guerre mondiale. Cette organisation était indépendante et autonome. Malgré ces nouveaux indices, il restait tout de même de nombreuses choses aux enquêteurs a élucider.

Tout d'abord le nom de Kantovitch qui semblait être le nom officiel et le nom de Tank, Docteur Volodim Tank, qui semblait être le nom de code et de camouflage de médecin dirigeant de cette mafia médicale : ce nom ne figurait sue aucun registre de médecin, ni même au registre des naissances. Malgré la révolution de 1916, les citoyens étaient répertoriés, et aucune trace d'un certain volodim tank, pourtant bien actif, sur tous les manuscrits. D'autre part, le doute et l'incohérence planaient sur ces inscriptions murales, que l'on retrouvait partout dans les décombres : médecine cake. Qu'est-ce que cela pouvait signifier ? En interrogeant des personnes âgées de Niebrovski, certains semblaient se souvenir de ce mot, une dame parla d'une fourgonnette qui passait en ville, une autre parla d'un ogre, une autre expliqua que ces hommes étaient des commerçants originaires de Grande Bretagne qui vantaient les mérites d'une alimentation médicale. Ces dires furent confirmés par un vieil homme qui se souvenait : "les fabuleux biscuits, aux vertus bénéfiques du Docteur Tank..!" C'était donc ça, l'organisation médecine cake mélangeait commerce et chirurgie plastique ! Il fallait a présent faire le lien entre tout ça. Les témoignages et les écrits concordaient, cependant il n'y avait de rien de précis sur les actions exactes de ce groupuscule.

Les années qui suivirent l'affaire piétina, le gouvernement alors en place semblait ne pas vouloir en savoir plus sur cette affaire apparemment très obscure. Pourtant deux agents du KGB qu'y s'y étaient investis depuis six ans, décidèrent de poursuivre leur enquête seuls. Ils retournèrent sur les lieux a plusieurs reprises, équipés de casques et combinaisons anti froid. Les couloirs étaient sombres, voir totalement noirs. André et Sergueï passaient des heures a scruter les murs, déplacer les pierres, à la recherche du moindre indice. Un matin, Sergueï sembla entendre un bruit sourd, au fond du couloir. Au début, ils crurent a de simples éboulements, mais ils se rendirent compte rapidement que les bruits se répétaient, a différents endroits. Ils prirent peur et sortirent rapidement. Ils ne revinrent pas de sitôt, comme si quelque chose les en empêchait.

Deux mois plus tard, les deux hommes furent entendus en audience au parlement. Malgré les réticences des autorités, ils finirent par obtenir que le dossier soit reconsidéré, et que les services secrets se recherchent de l'affaire. Les deux hommes furent nommé directeurs des opérations et de ce fait, le dossier complet de l'affaire devait leur être révèle. C'est la qu'ils prirent connaissance des premiers clichés photographiques retrouvés dans les coffres : des clichés des lieux datant de 1938, des clichés des membres de médecine cake, et surtout, pour finir, les images du professeur Volodim Tank. Sur une vieille photo délavée par le temps, on voyait six hommes, debout dans la neige, des mitraillettes en main, l'un deux, le professeur Tank, portait un masque qui lui couvrait les yeux et le nez, un masque en forme de pic et une blouse de chirurgien. Une autre photo le montrait debout dans le couloir que Sergueï et André avait découvert, l'homme portait d'énormes gants et tenait a la main une paire de ciseaux démesurée, maculée de sang. D'autres photos montraient des prisonniers, le long d'un mur, marqués du sigle médecine cake.

Les deux hommes s'emparèrent alors du dossier et commencèrent leur enquête. Pourquoi leur avoir caché aussi longtemps l'existence de ces photos ? Sergueï était fou de rage. On avait affaire a un immense réseau criminel qui avait agi dans l'ombre pendant des années et personne ne semblait s'en affoler. Le temps passait. Hiver 1991. En matin, dans un hôpital de Moscou, un vieil homme lisait son journal. Dans une revue, un article relatait l'affaire médecine cake. Le vieux monsieur tressaillit. Il appela une infirmière et lui demanda d'appeler les renseignements et de demander les coordonnées de Sergueil Kalninitch. Par chance, Sergueï, agent spécial du KGB, vivait a Moscou depuis la fin de l'affaire. L'homme laissa un message sur la boite vocale. Deux jours plus tard, Sergueï rentrai chez lui. Il entendit le message : "j'aimerai vous rencontrer au sujet de l'affaire des biscuits magiques aux vertus bénéfiques du docteur..." Il ne prononça pas le nom, Sergueï partit sans attendre pour l'hôpital Strogoff. Il passa deux longues heures avec Sacha, ancienne détenu du Docteur Volodim Tank.

Sacha raconta l'horreur, comment il était devenu handicapé depuis 45 ans, comment il s'était échappé, a demi paralysé, dans les glaces de Sibérie, ses années cachées en Ukraine. La mafia Médecine Cake, les loups du Docteur Tank. Sergueï prenait des notes. Sacha se souvenait de tous, dans les détails. Le docteur Volodim Kantovitch, diplômé de l'université de St Petersbourg, partit pour Irkoutsk en Sibérie, pour travailler sur des maladies telles que la tularémie. Il devint par la suite médecin du peuple. A la fin des années trente, il part en voyage en Angleterre. En revenant, il développe un commerce de produits "pharmaceutiques occidentaux". il s'associe alors a une bande de trafiquants. Le chef, un anglais Liam Waltercross, est a l'époque recherché pour une des affaires de vente d'organes. Ses associés sont tous russes.

Sacha se souvient de tous les noms : Youri Fiorov, Kamaj Akarov, Mikael Gomovisck et le dernier était surnommé le loup de Rostov. En 1931, ils entreprirent la construction d'un centre de recherche génétique, de mutations sur des hommes. Pour financer cette organisation clandestine, le groupuscule vendait des biscuits paramédicaux. Pendant que Sacha parlait, Sergueï se souvenait de tous les éléments découverts, des écrits, des dossiers, des bons de commande, des fausses feuilles de soin, tout coïncidait. Sacha continuait son récit. Il a 17 ans quand il rencontre Liam Waltercross dans un bar de Irkoutsk. Liam lui parle d'un centre d'entraînement pour jeunes, un centre de formation qui lui permettra de devenir mineur ou alpiniste, chercheur en haute montagne...Jeune et naïf, Sacha ne se doute de rien. "Je ne savais pas qu'il s'intéressait a moi parce que j'était beau et grand et surtout très costaud". Sacha fut convoqué par Liam au centre. A peine arrivé la bas, ils l'enferment et le font jeûner pendant deux jours. Sacha ne comprend rien si ce n'est qu'il s'est fait avoir, que ce centre est fictif. Il est désormais prisonnier. au soir du deuxième jour, le loup de Rostov l'emmene, affaibli et presque inconscient, dans la salle de test. C'est alors que Sacha rencontre pour la première fois le titanesque et terrifiant Docteur Tank. Jamais Sacha n'a réussi a oublier ce qu'il a ressenti ce soir-la. Cet homme devait bien mesurer plus d' 1m90. Il portait un masque a gaz en forme de pointe, et ses yeux restaient invisibles. Seules deux lumières rouges marquaient ses yeux. Le Dr Tank lui expliqua qu'il ne craignait rien ici, qu'il fallait coopérer, compatir. Toute résistance serait punie. Le loup portait sans cesse une kalachnikov, et Sacha comprit qu'il n'y avait pas d'issue. L a nuit, Sacha la passe dans une cellule humide, il rencontre Stav, un grand gaillard robuste, comme lui. Stav ne parle pas, il a peur, c'est tout. Les jours passent dans la prison-hopital. Tous les matins, le Dr Tank passe dans les couloirs pour vérifier l'état des patients. Personne ne savait ce qu'il se passait : il en convoquait certains, qui s'alignaient le long du mur, en sélectionnait un, et ce dernier disparaissait pour toujours. Les rumeurs allaient bon train. Les détenus ne savaient pas ce qui les attendaient. Sacha raconte qu'ils passaient des journées de terreur a redouter d'entendre les pas du tyran entrer dans le couloir. Sacha passa deux ans comme sa, jusqu'a ce que son heure sonne. Sacha apprit des lors qu'aucun des hommes disparus n'étaient morts. Ils étaient tous dans des salles a température, d'autres dans des bocaux, d'autres sous serres. La plupart n'avaient plus la même apparence, ils avaient été déformés par le criminel qu'était le docteur Tank.

Sacha pleurait en racontant. Sergueï, le ventre noué, lui demanda s'il voulait arrêter la, se clamer. Sacha ne pouvait pas, il avait gardé tout cela enfoui en lui depuis tellement d'années. Sacha fut enfermé dans une section spéciale, ou l'on testait la capacité de l'homme a imiter l'animal, le poisson, ses capacités a respirer sous l'eau, son temps d'apnée. Sacha faillit mourir de nombreuses fois, il raconta aussi comment il avait vu un de ses amis se faire déchiqueter par les ciseaux du Docteur Tank, ce dernier ne supportant pas la révolte. Il avait entendu Tank hurler : "Ferme ta gueule". L'homme avait couru pour finalement se faire rattraper. Ils l'ont torturé pendant des heures, l'on fait "danser" comme ils disaient. Sacha ne voulait pas dire, de toutes façons certaines choses ne valent pas la peine d'être racontées. Sacha avait vécu l'enfer et Sergueï en était mal a l'aise. En jour, la posek (police spéciale) avait arrêté Akarov. La surveillance des labos baissa durant ce jour et certains prirent le fuite. Sacha aussi. Il avait quitté les souterrains du cauchemar.

Depuis cet après midi d'Octobre 1936, après 3 années d'enfermement sous terre, SAcha ne s'est jamais retourné. Il n'avait jamais voulu savoir si on le cherchait, si Tank était mort, si la posek l'avait arrêté. Sergueï repartit avec une cassette. Le lendemain matin, lui et André étaient dans le bureau du secrétaire de cabinet des enquêtes. Les agents du KGB reprirent leur activité. Il fallait contacter les bureaux de la posek, retrouver les familles des disparus, retourner sur les lieux pour rendre justice.

La nuit, Sergueï entendait les cris du Docteur Tank. Une nuit, il se réveilla en sursaut. Il venait d'entendre des pas dans le couloir. Il alluma la lumière et sortit de sa chambre d'hôtel. Le couloir était naturellement vide. Il téléphona alors a André pour lui raconter puis se rendormit. Les recherches avançaient, des témoins furent entendus, la posek de Sibérie se décida enfin a livrer ses informations, ils avaient arrêté tous les membres du Tank Club en 1941. Certains avaient été relâchés dans la nature. Le seul qu'ils n'aient jamais retrouvé était le Docteur Tank. Sergueï eut un frisson d'effroi. Le Dr Tank est peut-être encore en vie ? cela n'avait finalement aucune importance, quel intérêt ? Une délégation fut mise en forme pour rechercher des traces du médecin robot. La justice voulait tout de même le retrouver. Sergueï et André, eux, travaillaient à la reconstitution des événements, des écoutes à témoins...Un soir, alors qu'il était seul dans son bureau, Sergueï entendit un grondement sourd dans le vestibule. Il sortit en panique pour s'apercevoir qu'encore une fois il n'y avait personne. Sergueï devenait fou. Il était hanté par Volodim Tank.

Le soir en rentrant chez lui, son appartement était saccagé. Sur le sol était gravé dans le bois du parquet : "personne ne parle du Tank Club". Sergueï se mit a hurler. Il était poursuivi, cette blague tournait au drame. Il appela alors la police qui vint constater le sinistre. André rappliqua. Ce dernier pensa a une mauvaise farce. CE sont les risques du métier. Les jours qui suivirent furent plus tranquilles. Sergueï était surveillé par des agents, il continuait a travailler en paix.

Il fut alors annoncé qu'un homme répondant au nom de Volodim Kant avait été contrôlé a l'aéroport de Shanghai. Les autorités se mirent a sa recherche. Le territoire commençait a être fouillé de fond en comble, Volodim Tank était recherché dans le monde entier. Sergueï rentra chez lui un soir. Sur la porte d'entrée était épinglé une petite feuille de papier froissé sur lequel était écrit, au geste près, la journée de Sergueï...Sergueï transpirait a grosses gouttes, il était filé toute la journée, par un fou, sans aucun doute...

La lumière du couloir s'éteint. Sergueï se retourne haletant. Derrière lui deux lumières rouges dans l'obscurité. Aucun bruit. Ce dernier retenait sa respiration. Il cligna des yeux et les feux rouges disparurent aussitôt. Sergueï s'assit par terre comme un enfant après un mauvais rêve. L'histoire commençait a le dépasser.

Que lui voulait cet homme ? Etait-ce le fruit de son imagination ? 2tait il en train de devenir paranoïaque ? Impossible, le papier sur le mur racontant sa journée dans chaque détail. Ces lumières rouges, rouges comme les yeux du docteur Tank. Et si le docteur était encore en vie, encore actif ? Et si la mafia était encore en place, comme ces mafias des films qui vont de père en fils. Le téléphone retentit. Sergueï sursauta. Il ouvrit sa porte et décrocha le combiné. C'est André, il voulait le mettre en garde. En effet, les informations nationales diffusaient des images du Dr Tank, de vieilles photos. André disait qu'il valait mieux garder cette histoire secrète.

Sergueï lui raconta alors son histoire de papier et d'yeux rouges. André ne répondait pas, il semblait terrifié. Le lendemain, un nouveau papier sur la porte, et des croix rouges dessinées au marqueur... Sergueï n'avait plus peur. Il se sentait face a un traquenard. Ainsi les jours passèrent, vraisemblablement quelqu'un le suivait, mais sans incident. Jusqu'a cette nuit ou il regardait la télé dans son canapé. L'histoire s'arrête ici, jamais personne n'a su ce qui s'était réellement passé ce soir la. La voisine avait raconté aux policiers qu'elle avait entendu du raffut. André n'était pas allé aux obsèques de Sergueï, son corps n'ayant pas été retrouvé...

Dans un lit d'hôpital, près de Novosibirsk, un vieil homme se réveille tous les matins a 7h15. Il dit qu'il s'appelle Volodim. L'infirmière en a marre, il parle beaucoup, il parle beaucoup trop....

# Posté le samedi 19 janvier 2008 09:29

Il se place au beau milieu de l'antithèse entre "Dieu" et le "Diable"...

Il se place au beau milieu de l'antithèse entre "Dieu" et le "Diable"...
Dieu a aussi son enfer : c'est son amour des hommes

Quelle bête triste folle que l'homme.A quelles imaginations bizarres et contre nature à quelle paroxysme de démence, à quelle bestialité de l'idée se laisse-t-elle entrainer dès qu'elle est empêchée quelque peu d'être bête de l'action!A trop lontemps regarder dans cet abîme, on se sent envahi par une tristesse poigante, c'est popurquoi il faut s'arracher avec violence à ce septacle.Il n'est pas douteux que nous ne nous trouvions en présence d'une maladie, la plus térrible qui ait sévi parmi les hommes:celle qui pousse l'homme à être saisi d'horreur devant les désirs de son corps.En l'homme il y a tant de choses effroyables! Trop lontemps la terre fut asile d'aliénés...


"Généalogie de la Morale"

# Posté le lundi 14 janvier 2008 15:38

Modifié le lundi 14 janvier 2008 15:54

Usé...USé...usé...

Usé...USé...usé...
Usé par les hommes
Par le bruit qui rend fou
Usé par la vie
Par les hurlements
Usé par le silence
Usé par le vent
Usé par l'oubli
On oublie pourtant
Qu'un jour on s'est aimé,
Qu'un jour on a vécu,
Que la vie est passée,
Que le passé n'est plus
Qu'un jour on s'est aimé
Que ce jour n'est plus
Qu'une postérité
Noyée dans l'inconnu

Usé par un monde
Qu'on ne comprends plus
Qu'on a jamais compris
Mais qu'il continue
A tourner encore
A tourner toujours plus
A faire tourner la tête
A nos âmes perdues
A nos c½urs qui appellent
Et hurlent au secours
Mais non y a plus de ciel
Et non, y a plus d'amour
Et plus que des troupeaux
Des vendus, des vautours
Des vendeurs de merveilles
Des joueurs de tambours

Usé par l'avenir
Usé par un meilleur
Qui ressemble au pire
Et oui, ça fait mal au coeur !
Usé par l'ironie
Qui tua ma jeunesse
Usé par la comédie
Usé par les promesses
Usé par la folie
Usé par le dégoût
Usé d'être incompris
De marcher à genou
Usé par l'usure
Usé par les regrets
D'avoir fui l'aventure
D'avoir fui la beauté
Te voilà qui revient
Te voilà toi mon frère
Qui me dit prends ma main
Marchons vers la lumière

Et le coeur plein d'espoir
Et le coeur infini
On oublie qu'il fait noir
Alors enfin on vit
Et loin de leur tambours
Et loin de l'inhumain
On redevient fou à chaque matin
Un jour on s'est aimé
Et ce jour c'est demain
Un jour d'humanité
Un jour de gloire
Un jour on s'est aimé
Et ce jour c'est demain
Un jour d'humanité
Un jour d'humain

# Posté le jeudi 10 janvier 2008 11:43

Modifié le lundi 14 janvier 2008 15:58